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François Ier imaginé 1515-1547

Colloque organisé par l’Association Réforme-Humanisme-Renaissance et la Société Française d’Étude du Seizième Siècle - Printemps 2015

dimanche 10 juin 2012, par Blandine Perona

Il faut des repères pour retenir l’histoire, des héros pour la faire revivre, des phénomènes
pour la comprendre. Le succès de l’association, familière aux écoliers, de la victoire de
“Marignan-1515” , de l’avènement de François Ier, la même année, et de celui-ci à l’essor de la
Renaissance française (puisqu’il faut bien lui assigner un commencement) tient à une triple
coïncidence : la figure quasi-légendaire d’un « roi-chevalier » victorieux, qui est aussi un
monarque bâtisseur (le palais “idéal” de Romorantin, Chambord, puis Fontainebleau) et un
protecteur des Arts (Léonard de Vinci, Rosso, Primatice, Cellini) et des Lettres (Budé, Marot,
Rabelais) se prête idéalement à la projection par laquelle la Renaissance devient un phénomène
« national ». Mais parce que cette imagerie est un mythe et qu’elle fait partie de notre
patrimoine, sa fabrication mérite d’être étudiée comme un fait historique. La commémoration
envisagée en 2015 échappe ainsi à l’événementiel : c’est l’occasion de « revisiter » le mythe.
Notre propos est d’étudier la constitution de l’image du roi de son vivant à partir des
attentes mais aussi des déceptions que suscite sa figure évidemment centrale dans le devenir du
royaume et des équilibres européens. C’est une figure en perpétuel mouvement, le François Ier de
1547 n’étant plus celui des commencements ; on s’attachera donc à décrire son évolution, à
étudier les facteurs qui ont influé au fil du règne sur la « fabrique du roi François », qu’elle soit
voulue par le prince, souhaitée par son entourage ou imposée par les circonstances.
Cette fabrication impose enfin de s’interroger sur le fond : la spécificité de la Renaissance
française telle que le règne la met en scène et en œuvre à partir de la construction d’une figure
royale à la fois exemplaire et singulière. Alors que dans les autres pays européens le phénomène
réfère plutôt à des continuités (en Italie, celle d’un retour aux sources « classiques », et à
l’inverse, dans les pays germaniques, celle qui relie les styles « gothiques » aux « maniérismes »),
la Renaissance semble en effet vécue en France, autour de François Ier, comme une rupture,
synonyme de progrès, mais aussi d’acculturation (d’où les résistances qu’elle rencontre).

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